Photo & prise(s)

11 - 27 septembre 2026

Portraits de tous âges

Cette année, j’ai vu un enfant de sept ans hésiter longtemps avant d’appuyer sur le déclencheur, comme si la photo qu’il s’apprêtait à prendre comptait vraiment. J’ai vu des adolescents refuser d’être photographiés, puis changer d’avis. J’ai vu des adultes redécouvrir la lenteur d’un geste qu’ils croyaient connaître.
Dans les ateliers, on parle de lumière, de patience, de ce qu’on accepte de montrer et de ce qu’on préfère cacher. Le portrait, plus que toute autre pratique photographique, demande cette confiance-là, entre celui qui regarde et celui qui se laisse regarder.
Au fil de l’année, les techniques se sont multipliées : portrait en argentique ou en numérique, chambre photographique, light painting, cyanotype, photogramme, stop motion. Les procédés changent, les façons de faire aussi, mais la question reste la même : comment construire une image de quelqu’un, ou de soi-même ?
Devant l’objectif, il faut parfois oser se montrer. Derrière l’appareil, apprendre à regarder. Entre les deux, il y a les essais, les ratés, les recommencements : le cyanotype qui ne prend pas, le light painting qui échoue trois fois avant de réussir. Rien n’est immédiat. Tout se construit à tâtons, et c’est précisément cette maladresse qui m’intéresse : elle est le signe qu’on est en train d’apprendre à voir.
Les photographies réunies ici viennent de ces mois de travail, avec des enfants, des adolescents, des adultes et des classes entières. Nées de ces expériences, elles montrent ce qui se passe quand on apprend, ensemble, à prendre et à être pris.

Atelier ado
Cyanotype
Le cyanotype transforme la lumière du soleil en image bleutée. Ici, motifs graphiques et jeux de formes explorent ce que le médium photographique peut faire, au-delà de la prise de vue.
Stage radio-photo
Photogramme
Fleurs et feuilles récoltées lors des excursions photo du stage se sont posées à même le papier sensible, sans appareil, pour laisser leur empreinte directe.

Atelier enfant & TAP
Cyanotype
De petits éléments ont servi de motifs, exposés ensuite à la lumière pour imprimer leur silhouette. Un geste partagé aussi bien en classe qu’en famille, lors d’un après-midi porte ouverte.
Photographies : Leslie, parent de l’atelier enfant

Atelier enfant
Light painting, portrait numérique
Dessiner avec la lumière : une pose qui devient trace, un geste qui devient couleur. Le portrait se construit ici dans le mouvement, le temps et la collectivité.

Atelier adulte, Cycle 2
Portrait numérique
Chacun a choisi, dans le bâtiment, l’endroit qui lui semblait le plus juste pour son modèle : un couloir, une fenêtre, un mur. Le portrait se construit ici dans le dialogue entre un lieu choisi et une présence.

Atelier enfant
Portrait argentique
Ici, le papier photographique sert lui-même de négatif, exposé directement dans la chambre. Pas de pellicule intermédiaire : l’image se forme en une seule fois, en valeurs inversées, le blanc devient noir, le noir devient lumière.

Atelier ado
Portrait argentique
Un portrait pris en petit format argentique au studio, puis tiré en laboratoire par les jeunes eux-mêmes. Le noir et blanc dépouille l’image de tout artifice : ne reste qu’un visage, une pose, une expression.

Atelier enfant & TAP
Stop motion (diffusion sur écran)
Sur l’écran, les figurines prennent vie, image par image. Chaque mouvement demande d’être décomposé, photographié, parfois recommencé avant de devenir un geste fluide. La photographie, ici, est un maillon d’une histoire en mouvement.